Victor Hugo (1802-1885) publie en 1829 ce roman qui est un réquisitoire contre la peine de mort. Hugo détaille les états d’âme d’un condamné au fil des 49 chapitres de ce roman.

Pendant toute sa vie, Hugo a combattu la peine de mort. Enfant, il a été témoin de morts affreuses. On se rend compte que cette réalité est encore bien actuelle. Guerres, famines, meurtres, etc. voilà le fléau qu’on constate encore tous les jours.

Zone de Texte: Le plaisir de lire

Maintenant, je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n’ai qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : condamné à mort!

Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés, seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourner la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu’on m’adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot; m’obsède éveillé, épie mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d’un couteau.

Je viens de m’éveiller en sursaut, poursuivi par elle…

 

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Condamné à mort !

Voilà cinq semaines que j’habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !

Autrefois, car il me semble qu’il y a plutôt des années que des semaines, j’étais un homme comme un autre. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s’amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d’inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C’étaient des jeunes filles, de splendides chapes d’évêque, des batailles gagnées, des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes files et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers. C’était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j’étais libre.

Zone de Texte: Les premiers paragraphes du roman
Zone de Texte: Commentaires des jeunes lecteurs et lectrices

Dans mon site de tests en ligne, Cyberprof, j’ai créé des questions pour vérifier la lecture de ce roman.
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